Peugeot. Un nom qui claque, une histoire qui traverse les époques. Plus tôt cet été, le Lion a dévoilé son plan « Performance 2020 », une feuille de route pour dynamiser sa division deux-roues. L’objectif : revenir s’imposer sur le segment des petites et moyennes motos. Cet automne, le concept P2X a concrétisé cette promesse. Mais la moto, dans ce grand virage, va-t-elle vraiment retrouver sa place sur le devant de la scène ?
Le 5 juillet 2018, lors d’un comité d’entreprise exceptionnel, Costantino Sambuy, à la tête de Peugeot Motocycles, a livré une annonce qui n’a pas traîné à faire parler : « Nous prenons le nom de Peugeot Motocycles et nous allons présenter une moto au Mondial, en début d’année ». Les attentes étaient posées. Et elles n’ont pas été déçues : en octobre, au Mondial de la Moto à Paris, puis en novembre à l’EICMA de Milan, le concept P2X s’est dévoilé au public. Surprise au carré : Peugeot ne présente pas une, mais deux variantes de la P2X, une en 125 cm3, l’autre en 300 cm3. Les détails restent rares, mais l’effet d’annonce a frappé fort : look accrocheur, promesse de modernité, et ce parfum de renouveau.
Êtes-vous plutôt un roadster néo-rétro ou un café racer ?
Les deux versions du concept P2X visent les citadins en quête de maniabilité et d’élégance, selon Peugeot. Malgré leur base commune, un monocylindre, elles tracent chacune leur propre route. Le modèle 125 cm3 se présente comme un roadster néo-rétro, tandis que la 300 cm3 adopte sans détour le style café racer.
La P2X 125 cm3 campe fièrement son identité vintage. Teinte bleue, selle en cuir marron, jantes à rayons chromés et logo « Legend » : tout rappelle la tradition. Mais l’époque n’est plus à l’archaïsme. Feux LED à l’avant et à l’arrière, tableau de bord couleur connecté au smartphone : la modernité s’invite, sans complexe. Le grand frère de 300 cm3 reprend cette recette, en poussant le curseur sport.
Sur la 300 cm3, le guidon bas, la coque de selle et les détails sportifs affirment un tempérament clairement inspiré des circuits. La peinture mêle noir, gris, blanc et rouge, clin d’œil assumé à Peugeot Sport et à la 308 Racing Cup. Un choix qui ne laisse aucun doute sur les ambitions de la marque : raviver la flamme tout en s’inscrivant dans la tendance.
Quelle place pour la moto dans la renaissance de Peugeot Motocycles ?
Peugeot fait le pari de miser sur les petites et moyennes cylindrées. Ce segment a forgé l’identité du constructeur, et l’entreprise n’entend pas s’en éloigner. Dans un contexte où la vitesse fait moins rêver qu’autrefois, l’agilité et la facilité d’utilisation deviennent des arguments de poids. Une P2X dans Paris, un détour par les routes de campagne, ou une escapade en montagne : voilà le terrain de jeu visé.
Après la P2X, difficile de ne pas imaginer un supermotard Peugeot 400 cm3, prêt à avaler les virages serrés des cols alpins. On pourrait même rêver d’un 300 cm3 sportif, histoire de venir titiller les Yamaha R3 et Kawasaki Ninja 400. À ce propos, certains se rappelleront du XR7, lancé entre 2008 et 2013 : un 50 cm3 à la silhouette d’athlète, dernier véritable coup d’éclat sportif de la marque. Un clin d’œil à une ère pas si lointaine.
Ne nous emballons pas : la moto ne représente qu’un pan du vaste plan « Performance 2020 ». Après près de vingt ans de difficultés, le dernier exercice financier positif remonte à 2000,, Peugeot Motocycles veut tourner la page. Le nouvel élan prévoit 47 millions d’euros d’investissement sur trois ans pour lancer sept nouveautés « majeures » d’ici 2020. Mais toutes ne seront pas des motos. Deux axes retiennent aussi l’attention : pousser les scooters haut de gamme et accélérer sur l’électrique.
Les sept modèles annoncés ne comptent qu’une minorité de motos, c’est une certitude. Aujourd’hui, la Metropolis 400 cc, scooter trois-roues, fait figure de locomotive commerciale pour Peugeot Motocycles. Le constructeur veut renforcer sa présence sur ce créneau, étoffer l’offre et s’attaquer à un marché du scooter premium en pleine progression. L’électrique n’est pas en reste : les premières nouveautés branchées devraient logiquement être des scooters, comme l’a précisé le PDG de la marque lors d’un récent entretien avec l’Officiel du Cycle et de la Moto. Peugeot avait déjà tenté le pari du scooter électrique en 1996 avec le Scoot’elec, puis en 2011 avec l’e-vivacity. Aujourd’hui, le contexte a changé, l’offre explose, et la marque veut sa part du gâteau. Bref, le retour de la moto chez Peugeot se dessine plus en douceur qu’en fanfare, avec prudence et méthode.
Au Hall des Souvenirs
Ce retour à la moto, Peugeot le veut comme un trait d’union avec ses exploits passés. Son ambition : retrouver la réussite commerciale, mais aussi rappeler à tous que le Lion est le fabricant de deux-roues motorisés le plus ancien du monde. Cette année, la marque fête ses 120 ans, un cap qui mérite bien un clin d’œil à l’histoire.
Impossible de ne pas penser à la 205 GTI dévalant nos routes, à la 306 Maxi rugissant en rallye ou s’invitant dans « Taxi 2 ». Pour beaucoup, Peugeot évoque aussi la 103, véritable mythe chez les jeunes, ou le Speedfight, scooter sportif par excellence. Et comment oublier la 405 Turbo 16, conquérante à Pikes Peak ?
La Peugeot 103, entre les mains de Bader Benlekehal dans l’émission High Side, continue de faire sourire. Pour les curieux, la vidéo « Comparo Mobylettes » sur la chaîne YouTube de High Side promet quelques instants savoureux. La question qui se pose désormais : le concept P2X accouchera-t-il de machines capables d’entrer dans la légende ? Les 125 et 300 cm3 affichent un réalisme prometteur, même si aucun prix ni aucune date de sortie n’a été communiqué. Les deux modèles sont attendus pour 2020, selon la feuille de route de Peugeot. Garder l’œil ouvert s’impose : le Lion a prouvé qu’il savait encore surprendre.






